Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 23:53

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Qu’ils soient parisiens ou de passage dans la capitale, les fans de jazz  ont de quoi se réjouir ! Un nouveau lieu insolite et séduisant a vu le jour depuis la mi-octobre 2011 à Paris. Il s’agit d’une superbe péniche refaite à neuf avec beaucoup de goût : un lieu confortable, charmant et cosy, possédant une étonnante qualité acoustique. La péniche l’Improviste est ancrée au 35 quai de l’Oise dans le 19 ème arrondissement, près du métro Corentin Cariou, à côté de la Cité des Sciences. Le maître des lieux Jean-Luc Durban s’exprime : « J’aime assez l’idée d’une salle de spectacle au fil de l’eau où le public sera tenu en apesanteur par la musique…avec l’Improviste, j’espère proposer un espace aux musiciens pour de beaux processus et au public pour de beaux résultats ». Depuis son ouverture, on a pu y entendre Manu Codjia, Christophe Marguet, Elisabeth Caumont, Jeff Sicard, Pierre Perchaud,  Leïla Martial, Florian Pellissier, Alex Stuart, Jonathan Orland….et le saxophoniste Sébastien Texier, qui sous la forme d’une carte blanche, propose régulièrement des concerts. On l’a notamment vu en duo avec Edouard Bineau, en trio (avec Pierre Durand et Christophe Marguet), en quartet (avec François Corneloup, Henri Texier et Louis Moutin) et en quintet. Il sera de nouveau en concert le samedi 21 janvier 2012 en quintet avec le tromboniste Gueorgui Kornazov, le trompettiste Alain Vankenhove, le contrebassiste Frédéric Chiffoleau et le batteur Guillaume Dommartin. Suivront, le 27 janvier : Alain Vankenhove en solo pour un projet sur Don Quichotte, le trio de Remy de Cormeille le 28 janvier, le Spiral Quartet le 03 février, Alexandra Grimal Trio le 05 février, Sébastien Paindestre le 10 février et  un nouveau trio composé de Manu Codjia, Gueorgui Kornazov et Geoffroy Tamisier le 13 février.

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Les concerts ont lieu le mercredi, vendredi et samedi, ils démarrent à 21h et sont au prix raisonnable de 15 euros, le bar propose notamment de fort bons vins de propriétés ainsi que la possibilité de se restaurer. A 19h tous les jours, c’est l’heure de l’apéro-jazz, un mercredi par mois des professionnels organisent des master-class. Il y a aussi la scène des nouveaux talents (le mercredi à 19 h 30), des jam-sessions (le jeudi à 19h30) et des ateliers jazz (le mardi à 18h30). Enfin des artistes ont la possibilité d’exposer et des performances événementielles sont créées une fois par trimestre (jazz et peinture, jazz et vidéo, jazz et BD).

limproviste.3.jpgInutile de vous préciser que l’on vous recommande chaleureusement ce nouveau lieu et que l’on a hâte de voir arriver les beaux jours pour profiter de la superbe terrasse de 90 mètres carrés qui surplombe la péniche.

Lionel Eskenazi

 

 Site internet : http://improviste.fr/concerts/tag/peniche-concerts


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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 21:55

 

L'Académie du Jazz a remis,hier soir au Théâtre du Chatelet et sous l'animation brillante de son président François Lacharme

ses prix pour l'année 2011

 

Prix Django Reinhardt :  NGUYEN LÊ

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Prix du disque Français de l'année : MICHEL EL MALEM  pour "Reflets" ( Arts et Spectacle)

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Prix du musicien Européen : Francesco Bearzatti

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PRIX DU JAZZ VOCAL : Gregory Porter :" Water" ( Mométa)

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Prix de la meilleure réédition :

STAN GETZ QUINTET : The clef & Norgran studio albums ( Verve)

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PRIX DU JAZZ CLASSIQUE  : Guilaumme NOUAUX :" DRUMSET IN THE SUNSET" ( autoproduction / Jazztrade-Jazzophile)

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PRIX SOUL : R.KELLY : "Love letter" ( Jive)

 

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Prix Blues : Sharrie Williams : " Out of the dark" ( Electro-fi)

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Prix du Livre jazz : Alain Pailler : " Ko-ko" ( Editions Alter Ego)

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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 08:20

Laura Littardi (vc), Carine Bonnefoy (p), Francesco Bearzatti (ts,ss), Mauro Gargano (cb), Fabrice Moreau (dm) Guillaume Dommartin (dm)

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Voilà bien un projet que l’on attendait, celui de la chanteuse Laura Littardi. Pensez, tout ce temps à animer les clubs et les scènes de la capitale, à tenir en haleine ses élèves de l’ACEM ou de l’Ariam et rien pas la moindre petite galette à se mettre entre les oreilles depuis Senza Paura paru il y a 10 ans.

C’est qu’elle le peaufinait Laura son nouveau projet que ceux qui sont allé la voir ces derniers temps  avaient pu découvrir sur scène en primeur. Il fallait franchir la porte du studio et c’est maintenant chose faite et, croyez nous sur parole, sacrément bien faite. Car si Laura Littardi a pris son temps c’est qu’elle nous a concocté un vrai petit bijou.

Laissant un peu derrière elle sa passion du funk, de la bossa et du scat, Laura Littardi entreprend de revisiter ici ces chansons de la pop music, ces chansons de notre enfance quand, guitare dans le dos et cheveux long, ignorant un peu le jazz, on se prenaient tous pour des folks singers en chantonnant au coin du feu Creedance, Crosby, Still and Nash ou le cultissime Harvest de Neil Young. Inscrits dans notre patrimoine musical. Il fallait donc de l’audace et une bonne dose de passion pour pouvoir comme elle le fait, avec son sens si naturel du groove, s’approprier de tels monuments, les emmener sur son terrain sans les dénaturer.

Et avec ce matériel sacré, Laura en fait des standards (de jazz ou d’autre chose peu importe) avec cette douceur, cette chaleur de voix et ce balancement si léger, cette pulse si élégante qui n’appartient qu’aux grands dans la lignées des Ben Sidran par exemple.

C‘est subtil, jamais exubérant et toujours relâché. La « classe » sur Hold the Line au groove subtil !  ou encore sur ce Higher ground tout en retenue où sur 4 notes à peine la chanteuse fait monter la température inexorablement. Groove terrible ! Et Carried away devient un thème presque shorterien aidé en cela par la belle complicité que la chanteuse affiche avec ce très grand saxophoniste, Francesco Bearzatti d’ailleurs récemment nommé par l’Académie du Jazz au rang de musicien européen de l’année. Le groove suave.

Alors oui Groove, pourtant toujours si galvaudé, utilisé à toutes les sauces mais qui ici devient une réalité palpable, omniprésente. Laura Littardi donne corps à ce simple mot qui devient chez elle dansant, balançant, fusionnant le binaire et le ternaire dans un même geste.

On pourra certes faire les grincheux et s’étonner que n’ayant pas fait d’album depuis 10 ans, la chanteuse s’offre le luxe un peu inutile d’inscrire un alternate take de Sunny Days et regretter une version un peu «  jam session » de Isn’t She lovely.

Pour le reste tendez l’oreille écouter et fondez littéralement en mettant Another Star, thème le plus jazzy de l’album où l’entente entre la chanteuse et le saxophoniste ici si Lesterien  fait merveille.

C’est assurément un grand album. Un album sincère d’une très grande chanteuse malheureusement trop peu entendue. Ce qu’elle fait là réconcilie les genres et les générations.

Laura Littardi transcende ici par son amour du chant, les genres et les figures de style. Et ce qu’elle dit là est au final un pur moment d’amour.

Jean-Marc Gelin

 

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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 23:04

PealaAngeliniBearzatti_MoveIs_w.jpgRE: think-art records/ Musea

Sortie française 15 novembre 2011

Concerts de sortie de l’album : 18 janvier 2012 au NEW MORNING

Bruno ANGELINI (p) Francesco BEARZATTI (cl, sax) Thierry PEALA (voix)

 

La musique au cinéma... une histoire d’amour passionnée,  car cinéma et  musique entretiennent des rapports complexes, complices, toujours intenses. Je me souviens d’avoir entendu ébaucher le projet de ce Move is par le pianiste Bruno Angelini  à Cluny, il y a 3 ans déjà.Cette nouvelle aventure a été proposée par le chanteur Thierry PEALA à ses amis. Le trio, sans contrebasse ni batterie, a eu très vite l’envie de composer une musique en relation directe avec des films culte A bout de souffle, Mulholland Drive, Umberto D,  Il Sorpasso  (Le Fanfaron), L’important c’est d’aimer , Gloria,  Marnie, et des metteurs en scène non moins mythiques  comme John Cassavetes, Spike Lee,  Ettore Scola, Mario Monicelli. Les portraits en filigrane sont ceux de comédiens disparus, Romy Schneider, Vittorio Gassman, Jean Seberg.  Qu’évoquent ces  douze films  sélectionnés et visionnés par le trio ? Ils mettent  en partage des histoires et des émotions  dans un film imaginaire (24 images/ seconde) qui dure le temps de douze chansons, en hommage au cinéma de toujours, à celui de nos vies. Projet original et singulier à plus d’un titre...  C’est une histoire libre où les sentiments sont  à transcrire dans le langage musical de l’improvisation que nos trois compères possèdent merveilleusement. Une musique très ouverte au partage, sans souci de se replacer dans le temps ou l’histoire du film. C’est en suivant la voix sensuelle de Thierry Péala et en lisant les paroles (en français, anglais, italien), que l’on a un retour, un écho, même lointain. On revoit alors certaines images, on repense au scénario, au story telling, on confronte sa propre mémoire du film à la vision des musiciens. Seuls les textes peuvent obliquement nous mettre sur la voie, puisque la musique ne s’inspire pas du tout de celle qui irrigue les films choisis.  A l’inverse du travail d’un Stephan Oliva qui recompose, improvise, part et revient sans cesse aux  thèmes de Bernard Herrmann dans son voyage imaginaire de Ghosts of Bernard Herrman.  

Move is est donc un véritable travail de création dont la source est méconnaissable, transformée. De quoi franchement dérouter à la première écoute, puis on comprend et on s’éloigne de ses propres souvenirs musicaux , suivant enfin le cheminement du trio.  C’est Bruno Angelini qui a composé la plupart des musiques avec le romantisme dans « Mulholland », l’ardeur dans « Gena », qu’on lui connaissait déjà, à sa manière emportée et rythmique. Il accompagne divinement, suit constamment le jeu, relance ; il est  partout à la fois et pourtant, il reste toujours discret, ne souhaitant pas se distinguer par des solos échevelés. Cheville ouvrière, il assume pleinement le rôle percussif.  Thierry Péala  dont la flexibilité de la voix est rare, a un phrasé implicitement swing et la clarté de son élocution n’a d’égal que la justesse de son interprétation. Il s’enflamme, s’emballe quand il scate,  ce qui va bien au thème espiègle du fanfaron que sous tendent une clarinette au klaxon allègre et un  piano prêt lui aussi aux embardées. On sait qu’il aime prendre des risques depuis son album consacré au trompettiste canadien Kenny Wheeler. Péala n’est jamais autant meilleur que quand la musique suit son fort potentiel émotionnel. On le préfère dans l’ émouvant hommage « See Berg » ou dans ces mots « Tout seul » qui commencent « Face à l’inconnu »  du film-errance de Sean Penn Into the Wild : la musique vrille les nerfs, suit le crescendo tragique de cette histoire terrible. Sa voix est instrument au même titre que la clarinette ou le piano, les suivant ou s’en détachant pour improviser de son côté. Francesco Bearzatti est le petit diable agité, remuant, virevoltant, moqueur (Guardieladri) tel le « Puck » du Songe d’une nuit d’été. Toujours remarquable à la clarinette,  il est le soliste du trio, imprimant sa couleur, un goût très vif du détail dans des traits qu’il veut fantaisistes ou plus sombres.

Voilà un album bien attachant et ce, dès sa pochette astucieuse, aux dessins-esquissés au fusain d’Alberto Locatelli,  qui font penser au story-board du film du trio, et au mini poster (format du Cd oblige) qui rappelle la grande époque des vinyles.

Sophie Chambon

 

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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 21:48

Circum/Anticraft-MVS distribution

Mahieux.jpg

 

 Le  batteur nordiste Jacques Mahieux qui n’a pas toujours eu la reconnaissance qu’il méritait - il a pourtant accompagné Henri Texier et Claude Barthélémy dans bon nombre d’aventures - est devenu au fil des ans un habile constructeur de sons et un catalyseur de talents. Il  sort sur le label Circum que l’on suit avec plaisir aux DNJ, un album au  titre poétique Peaux d’âmes, sous le signe d’une certaine nostalgie envers tous ses batteurs qu’il a dans la peau et sur les peaux. Ce n’est pas du Demy mais cet hommage en neuf titres, singulièrement personnel, à des musiciens mythiques, est en un sens enchanteur. Le répertoire met en valeur des compositions de batteurs, musiciens parmi les plus mal aimés et les plus sous-estimés. Après tout, «ce sont aussi des musiciens» qui ne plaisent vraiment que quand ils se livrent à des démonstrations spectaculaires, solos ébouriffants, tonitruants, longs et rageurs. Et encore ils se font voler la vedette et l’admiration populaire par leurs confrères rockers, particulièrement exhibitionnistes. Ou donc, à cet éloge de la batterie, et profond respect à cet instrument qui fit le jazz, et dont l’histoire vaut bien quelques tom(e)s ! Merci de ressusciter ainsi Shelly Manne (formidable « Flip »), Tony Williams (« Pee Wee »),  Denzil Best («45°angle» ), Joe Chambers [1] (« Mirrors ») et le moins jazz - encore que ça swingue drôlement- Robert Wyatt, avec un Jacques Mahieux  chanteur dans « Be serious ». Le batteur offre à son quartet des thèmes virevoltants ou désolés, toujours lyriques et talentueusement interprétés par ses potes. Car ce « Mahieux Family Life » est un disque fraternel qui invite la famille de musiciens-amis, le clan (rien à voir avec le terrible titre « Family life » de  Ken Loach) : ça tourne rond et même rondement avec le fougueux Olivier Benoît (La pieuvre...), le délicat  Jérémy Ternoy ( sur trois titres ) dont on parlait récemment ici aux DNJ, ne serait ce que pour Vazytouille. Une belle et véritable histoire familiale, au sens propre, avec le fiston Nicolas qui est partie prenante du Circum Grand Orchestra. Seule invitée, nouvelle au groupe et à cet univers, la saxophoniste alto Géraldine Laurent  prouve qu’elle peut être à l’aise partout et même qu’elle est absolument nécessaire. Dès qu’elle empoigne son alto, ça jazze que ce soit dans « Flip » ou le superbe « Mirrors ».  De beaux moments  tout au long de l’album du quartet, avec ce  « Mank de Monk », composition rythmée de Jacques Mahieux, où s’envole Olivier Benoît dans un solo très mélodique ; quand le rejoint la saxophoniste, il s’enroule autour des volutes plus énervées de l’altiste, lui plantant bien volontiers quelques épines, alors que la rythmique des Mahieux fonce à train d’enfer. « Station Debout Pénible » de Manuel Denizet est il le climax de l’album ? « Punt » d’après Joey Baron n’est pas mal non plus avec cette fin à la batterie particulièrement mélodique.

 La seule certitude est qu’une musique permanente traverse cette histoire de peaux, à cœur, à cor et à cri : on participe entièrement à ce ballet tournoyant, où tous s’ajointent généreusement, formant un ensemble organique, complet. L’enchaînement des titres est  établi avec soin et intelligence, sans effet de répétition : une alternance calculée subtilement et des surprises constantes comme dans ce  dernier « Jack’s blues ».

Avec ce bel album, nos amis nordistes ont réussi à réunir diverses tendances, à réconcilier ciel et terre, musique actuelle improvisée et jazz, c’est tout simplement superbe. Rien à jeter, c’est le meilleur album de ces dernières semaines, enregistré par Boris Darley, qui plus est. Si vous deviez encore expliquer ce qu’est le jazz autour de vous, sans remonter aux calendes..grecques ou autres, n’hésitez plus et faites entendre ce Peaux d’âmes... Et si vous n’arrivez pas à convaincre avec cela,  il faudra leur conseiller vivement  de consulter. 



[1] A ne pas confondre avec Paul Chambers contrebassiste, ni Dennis Chambers également batteur !

 

Sophie Chambon



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