Les Dernières Nouvelles du Jazz

Chroniques CD


Samedi 8 novembre 2008 6 08 /11 /Nov /2008 09:03

Label Bleu 2008

Malik Mezzadri (fl,vc, p), Denis Guivarch’ (ts), Jozef Dumoulin (fender), Sarah Murcia (b), Maxime Zampieri (dm), Nicolas Genest (bg), Airelle Besson(t), Allonymus (vc), Minino garay (perc), Gilbert Nouno (electro), Scoprene Horribile (vidéo)



Double album, double face et double avis sur ce nouvel opus du compositeur- flûtiste Magic Malik dont on sait combien il affectionne les univers musicaux complexes, à l’image de son mentor Steve Coleman. C’est en effet un travail très ambitieux auquel se livre Malik avec une première partie dans laquelle il semble s’affranchir de ses habituelles contraintes pour laisser place à un univers à la fois lounge et mystérieux dans lequel des suites féeriques (Marthe dans la Jungle) côtoient une sorte de pop très actuelle avec luxe d’arrangements. La parlé chanté (créole) s’insert avec des résonances très personnelles donnant le sentiment que Malik nous raconte un peu sa propre histoire, son parcours musical. N’hésitant pas à faire simple lorsqu’il le faut, Malik sait aussi émouvoir sur des thèmes un peu simples et pourtant fort bienvenus. Il y a assurément dans ce premier CD un effet de mode qui en exaspéra certains et donnera au contraire aux autres des pistes à explorer pour un jazz renouvelé. Mais tout se passe comme si dans cette première partie,  Malik cherchait son propre discours, hésitait sur les voies à suivre, se laissait parfois aller à plus de simplicité visant un plus large public qui décevra un peu les chapelles jazzistiques et  pourra peut être séduire un public venu d’ailleurs. Un public acquis à la soul et au funk et qui se situerait entre la pop, l’électro et le jazz auquel le syncrétisme de Malik donne ici écho.

Dans la deuxième partie Magic revient à ses précédents travaux et à ses thèmes baptisés XP qu’il avait développés dans son précédent album autour de principes systémiques, (parfois de simples mélodies enfantines) qu’il se plaît à retravailler en s’imposant des contraintes harmoniques ou rythmiques. Cette deuxième partie, revient au jazz et s’ouvre logiquement par une reprise très modernisée (et pas terrible d’ailleurs) de Giant Steps.

Mais l’essentiel de cet album réside plus dans l’espace laissé aux musiciens et (une fois n’est pas coutume) à Malik lui même qui, à la différence de ses précédents albums, s’expose beaucoup plus et s’affiche carrément comme une référence absolue de la flûte dans le monde du jazz tant il explose de maestria et d’aisance rarement atteints. Ses compagnons de jeu font aussi remarquable figure qu’il s’agisse de Denis Guivarch’ ou de Jozef Dumoulin ou de Nicolas Genest et Airelle Besson même si leur terrain de jeu est plus étroit.

Un peu schizophrène ce double album brasse assez large un public jeune pour que tout le monde y trouve son compte. Assez consensuel en somme.

Jean-Marc Gelin

 

 

Voir les 0 commentaires
Ecrire un commentaire

Recevoir les dnj

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés