Les Dernières Nouvelles du Jazz

Chroniques CD


Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 19:29

 

Cam Jazz 2010

 

falzonne.jpg La rencontre avortée entre Miles Davis et Jimi Hendrix aura fait fantasmer plus d’un musicien et plus d’un  amoureux du jazz. On imagine tous ce qu’aurait pu donner cette rencontre entre la furie du génial gaucher et la trompette déjà électrifiée de Miles. Il est donc logique que Giovanni Falzone , trompettiste immense dont la culture va autant du jazz le plus traditionnel au rock le plus débridé s’attaque à un projet autour d’Hendrix qui débouche forcément sur le rêve de cette rencontre mythique. Pour cela il lui faut d’abord endosser les habits du guitariste. Et là, il faut bien reconnaître que Falzone, a un sacré talent pour nous en mettre plein la vue. Dans le genre caméléonesque protéiforme, le trompettiste italien peut à peu près tout faire avec sa trompette. Des sonorités les plus aigues aux plus graves, des trilles à faire jeu égal avec feu Freddie Hubbard  jusqu’aux sons électrifiés plus évanescents, Giovanni Falzone ne cesse de montrer tout au long de cet album l’étendue de son art. Jazz dans son art de l’improvisation débridée, il est aussi rock dans cette folie déjantée d’un discours un peu azymuté.  Capable de déclencher la foudre (Fire), Giovanni Falzone tente de refaire l’histoire avec une brillance toute transalpine, volubile et un brin facétieuse. Une rythmique un peu « heavy » il est vrai ne lui facilite pas la tâche (Mr Jimi) et ne donne pas dans la subtilité. Il n’empêche …. Les tentatives sont intéressantes. Ainsi cette tentative douteuse sur le principe mais néanmoins assez convaincante sur le plan musical : la rencontre Miles/ Hendrix fantasmée dans un seul titre mêlant So What et Foxy Lady. Alors Giovanni se fait feu follet. Ça déménage lourd. Le trompettiste souffle fort avec une puissance qui ne perd jamais en vitesse d’improvisation. Giovanni divague, multiplie les changements de sons. La rythmique martèle et Giovanni Falzone a la trompette mutine.  Mais si l’on adhère à cet album, on est néanmoins un peu mal à l’aise devant cette tentative prétentieuse de réécrire une histoire qui n’a pas eu lieu. Un peu comme les reconstitutions télévisuelles d’évènements auxquels personne n’a assisté. Car la plus belle rencontre entre Miles et Hendrix restera mordicus, quoiqu’en dise Falzone, celle de notre imaginaire.  Jean-Marc  Gelin

Voir les 0 commentaires
Ecrire un commentaire

Recevoir les dnj

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés