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Chroniques CD


Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 22:19

Douglas records 2010


doulas on blue note

Alan Douglas était un producteur sacrément inspiré. Celui qui est tombé dans le petit monde de la production en jazz un peu par hasard, à la suite de sa rencontre avec Nicole Barclay a en effet été à l’origine, pour le compte de la division jazz de United Artists Records, de quelques sessions absolument mémorables. L’essentiel ayant été enregistré au cours de l’année 62. La compilation qu’il nous propose ici est admirable en ce qu’elle offre une sacrée représentation de ce qu’a pu faire Alan Douglas durant ces quelques années avant que ce catalogue exceptionnel ne soit revendu à Blue Note. Car le travail de Douglas au-delà du travail classique d’un producteur se limitant à enregistrer les galettes des musiciens de son écurie était particulièrement créatif.  Entre production et direction artistique. Alan Douglas n’a cessé de susciter des projets et des vraies rencontres dont cet album témoigne en partie. Songez, faire entrer en studio Duke, Mingus et Roach pour cette fameuse session que l’on connaît tous et qui donna naissance à « Money Jungle » était vraisemblablement une grosse opération commerciale mais pas gagnée d’avance quand à son résultat. Et pourtant ! Et que dire encore de ce duo si difficile pour l’époque et néanmoins sublime qui réunit dans un dépouillement absolu Bill Evans et Jim Hall. L’histoire de l’enregistrement de Billie Holiday est plus indirecte puisque Alan Douglas n’a pas pu la faire enregistrer en studio avant sa mort (alors que tout était prêt). Mais le producteur avait eu le nez assez creux pour réaliser un enregistrement en public capté  .Autre magnifique surprise de cet album, une version sublime de I can’t get started
 par Mingus en « quartet » accompagné de John Handy auteur sur cette plage d’une interprétation rien moins que magistrale. Et puis il y a le plaisir de retrouver quelques héros du bip qui feront les belles heures de Blue Note comme Kenny Dorham et jackie Mc Lean , le flûtiste Herbie Mann ( version très moyenne cependant de Brazil) ou encore Coltrane publié par Douglas sous l’album de Cecil Taylor ( Trane état alors sous contrat avec Impulse). Le jazz vocal n’est pas oublié et si le morceau de Betty Carter est un peu anecdotique, la réminiscence en revanche de la voix un peu oubliée de King Pleasure est un véritable régal. Rien donc à jeter dans ce très beau travail de compilation témoignage du talent d’un producteur sinon audacieux ( le mot serait un peu trop galvaudé) du moins sacrément talentueux. Jean-Marc Gelin
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