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Chroniques CD


Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /Mai /2009 07:10

Nonesuch 2009

Allen Toussaint, piano (1-12), vocals (11) 
with
Don Byron, clarinet
Nicholas Payton, trumpet
Marc Ribot, acoustic guitar
David Piltch, upright bass
Jay Bellerose, drums and percussion
and special guests
Brad Mehldau, piano (5)
Joshua Redman, tenor saxophone (10)

Il semble que depuis quelque temps ( depuis Katrina surtout), tous les passionnés de jazz de la planète se tourne à nouveau vers la Nouvelle-Orléans. Et dans ce magnifique élan, nous redécouvrons ceux que l’on avait oubliés ou que l’on écoutait moins. Tenez, prenez le pianiste Allen Toussaint, symbole s’il en est de cette Nouvelle-Orléans mythique, grand maître de la tradition et des secrets qu’il tient du Professeur Longhair. Allen Toussaint qui à 71 printemps nous montre aujourd’hui combien il est moderne. Combien la musique que l’on joue dans les rues de Canal Street reste gravée dans le patrimoine le plus emballant et le plus réjouissant. Pas cérébral, non simplement jouissif et gai. Le jass en somme ! Et Allen Toussaint pour nous en faire la joyeuse démonstration embarque avec lui les plus talentueux des « jeunes » (tout est relatif) jazzmen avec un  sens de l’éclectisme que lui seul pouvait insuffler. Vous imaginez, réunir sur une musique « old style » des talents comme ceux de Nicolas Payton (remarquable Bixien de service), Marc Ribot (au blues plus canaille que jamais), ou un Joshua Redman (qui surprend là par son gros son websterien) ! Et c’est sans facilité aucune mais avec un plaisir évident que, sous le charme pianistique d’ Allen Toussaint ils s’embarquent pour jouer ce qui appartient au patrimoine de la cité du croissant. St James Infirmary ( ah cette belle version), West End Blues (si respectueux du grand Louis mais si inventif aussi), Singin the blues qui ne dénature pas la version de Bix ou encore un Bright mississsipi sorti d’une fanfare enjouée que l’on écoute comme si l’on défilait dans les rues de la cité magique. Allen Toussaint qui a au bout des doigts tout Fats Waller, Jerry Roll Morton et Earl Hines semble survoler cette session avec grâce et légèreté, grand organisateur et fédérateur de cette joyeuse rencontre. C’est qu’il y a là une sorte de bain de jouvence dans ce fleuve nourricier du jazz. C’est beau comme l’antique mais surtout bien plus moderne parce que formidablement vivant.


Jean-marc Gelin

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