Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 16:04

 

Filmed at the Antibes Jazz Festival July 18-22,1961

www.raycharlesfoundation.org

www.jazzicons.com

www.reelinintheyears.com

www.eagle-rock.com

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Grâce à l’INA, nous pouvons revoir des concerts historiques filmés par Jean Christophe Averty à Antibes, en juillet 1961.  1h 45 d’un grand show, démonstration particulièrement convaincante de ce que pouvait être « The very essence of a genius ». C’est  le tournant de la carrière de  Ray Charles, ses premiers concerts en Europe avec ses très singulières Raelettes qui swinguent et twistent élégamment, et un formidable orchestre où excellent entre autres Hank Crawford, et David « Fathead » Newman.

Le festival d’Antibes-Juan les Pins, créé en 1960 par Jacques Souplet de chez Barclays,  à la mémoire de Sidney BECHET qui venait de mourir, rencontra un grand succès dès sa première édition et allait influencer beaucoup d’autres festivals dont celui de Montreux, 7 ans plus tard. C’est Frank Ténot qui joua un rôle déterminant auprès du public français pour faire connaître Ray Charles. Ses débuts triomphants, lors de cette tournée en Europe révélèrent la large palette de son talent, qui couvrait tous les styles le jazz, le blues, la pop de Tin Pan Alley, les rythmes latins et bien sûr le  R&B mâtiné de gospel ! Il vint à Antibes avec son orchestre de 8 musiciens (Philip Guilbeau et John Hunt (tp), Hank Crawford (as), David “Fathead” Newman (fl& ts), Leroy Cooper (bs), Edgar Willis (b), Bruno Carr (dm)) et ses chanteuses qui allaient devenir très célèbres The Raelettes. Ray Charles joua quatre soirs à Antibes, les 18, 19, 21 et 22 Juillet et chacun des concerts débute avec un ou deux instrumentaux comme « The Story » de James Moody, « Doodlin » d’Horace Silver, ou une de ses compositions comme « Hornful Soul ». The Genius apparaît  comme un formidable pianiste, dents blanches et lunettes noires, se dandinant un rien comiquement sur son tabouret. Puis il chante jusqu’à la transe, de  sa voix traînante et sensuelle, presque suave ce « With you on my mind » que répètent ses choristes inlassablement. Cette langueur du sud n’éteint pas la formidable énergie toute électrique, et ce sens canaille du blues urbain. Jazz, blues et soul, il a un tel talent quand il croone sur « Ruby » en geignant ou gémissement, et au piano transcende cette  balade lente et désespérée. On est saisi par le miracle de cette voix qui arrive à transcender styles et genres, comme dans le traditionnel « My Bonnie», purement et simplement métamorphosé. On ne peut passer sous silence l’interprétation de ce qui allait devenir son hymne personnel, « Georgia on my mind » d’Hoagy Carmichael, accompagné à la flûte par David « Fathead Newman. Les deux concerts enregistrés les 18 et 22 juillet 1961 et les bonus présentant parfois les mêmes titres  « Let the good times roll », sans oublier « Georgia » dans une version plus gémissante et enjôleuse, « What I’d say », « Sticks and bones », « I wonder».

 

 

Le producteur maître de cérémonie, André Francis devait avouer qu’un tiers environ du public connaissait les musiciens au programme du festival, le reste, en vacances sur la Côte d’Azur venait se détendre un soir. Le public, assis sagement dans la pinède, attentif- on se croirait aux concerts de Leonard Bernstein- s’électrise soudainement, comme possédé par ce « thrill » incroyable. Ces concerts agirent comme un détonateur et furent une révélation, le début d’une histoire d’amour avec la France et Antibes. Ray Charles  qui mourut en 2004, y revint quatorze fois jusqu’en 2001. C’est  le début d’une reconnaissance internationale  pour celui que Sinatra considérait comme «  le seul génie dans ce business ».

Le film tourné en 16 mm, a été restauré et sort en DVD pour la première fois,  reconstituant ces différents concerts dans l’ordre de leur interprétation. Avec plus de 20 heures filmées, des coupures, des notes manquant aux débuts et ou à la fin de certaines chansons, il a fallu tout un travail de montage avec des extraits des concerts enregistrés à la radio, et des raccords d’images du public.

 Ce Dvd nous permet de retrouver Ray Charles jeune, exubérant, irrésistible dans ses fantaisies vocales : une pointure du chant afro américain, qui avait vraiment le blues dans la peau. S’il suit le même rituel chaque soir, son show impeccablement rôdé et professionnel a inspiré des générations d’artistes et de chanteurs. Le chanteur noir le plus populaire sut exploiter les ressources de sa voix, tenir admirablement le tempo, en le ralentissant suffisamment pour garder son public (blanc ) en suspens. On ne peut résister bien longtemps à cet enregistrement live, qui appartient à l’histoire du jazz. Merci l’INA !

Sophie Chambon

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Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 08:19

 

Nicolas Parent Trio : « Moments »

2011

Nicolas Parent (Gt), Tommaso Montagnani (Cb), Guillaume Arbonville (Dms)

 

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Construit à part entière comme un passionnant Road-movie, ce premier opus du guitariste français Nicolas Parent est une remarquable réussite. Un projet audacieux, aux doux reflets d’ambre et de palissandre. Dès le début du disque, entre les musiciens s’installent fréquemment avec folie des joutes rythmiques interactives. Le timbre boisé des guitares entremêlées provoque un irrésistible appel au voyage des sens. Une incommensurable poésie émane de chacune des envolées mélodiques. Par le biais de sa contrebasse, Tommaso Montagnani offre à l’ensemble une assise d’une étonnante solidité, en permanence relié aux autres par la précision de son jeu. Ce trio use de l’honorable héritage du Jazz par le biais de cadences reconnaissables, ainsi que l’utilisation de codes rythmiques, comme par exemple dans Sunday Afternoon ou bien Bang in Blue. Harmonieuse succession d’accords teintés d’un profond onirisme. Chez le batteur et percussionniste Guillaume Arbonville demeure un sage accompagnateur à l’écoute des autres, sachant aussi bien contrôler avec finesse les nuances que donner la réplique aux appels rythmiques de ses comparses, variant le plus souvent l’utilisation de différents timbres. Largeur du son, lenteur des effluves, la correspondance des sujets sonores abordés est totale. Dans When Dreams come True s’immisce aussi un brin d’Afrique, résonnant dans le claquement des cordes en nylon, ainsi qu’un certain lyrisme évoquant un court instant la culture musicale sub-saharienne. L’ivresse improvisatrice de l’introduction de Zyryab évoque aussi une part culturelle de ce continent. Définir un tel ouvrage dans son ensemble comme une merveilleuse bande son d’un film mélancolique serait sans doute réduire l’importance de ce projet artistique. Il va de soi que la découverte d’un tel album ne laisse pas indifférent. Tristan Loriaut

 

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Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 07:43

ECM – 2011

Gianluigi Trovesi (Clarinette Alto/Piccolo), Gianni Coscia (Accordéon)

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Après « Cerca in cibo » et « Round about Weill », c’est au tour de l’œuvre de Jacques Offenbach d’être revisité par l’infatigable duo italien. Ce compositeur français d’origine allemande fût au 19e siècle le compositeur de pièces aussi pétillantes qu’espiègles, souvent dédiées à différentes danses telles que la polka, le quadrille, la valse ou encore le tango… Les arrangements des œuvres d’Offenbach présentes sur ce disque sont le fruit du travail des interprètes milanais Gianluigi Trovesi aux clarinettes et Gianni Coscia à l’accordéon. Cette revisite se fait évidemment sous l’égide du Jazz et de l’improvisation, et une fois n’est pas coutume, orienté vers la légèreté de la danse. Ce duo retranscrit à merveille toute la poésie de l’œuvre du « Frère Jacques », ornée pour l’occasion de plages d’improvisations. C’est dans ce registre que Gianluigi Trovesi trouve un remarquable moyen d’expression, par le biais du timbre limpide de ses clarinettes, accompagné de la plus belle des manières par Gianni Coscia et son accordéon, emprunt d’une sincère simplicité. D’ailleurs, il faut rappeler qu’Offenbach était bien insouciant du fait que l’on considère son œuvre comme faisant partie d’un certain intellectualisme. En outre, il ne cachait pas sa frivolité au sein de ses compositions, et avait une certaine indifférence pour les raisonnements complexe. Ce qui ne l’empêchait pas de jouer avec la sincérité et le sérieux qui le caractérisent, notamment en tant que contemporain au 19e siècle. Trovesi et Coscia veulent justement rendre hommage à cette légèreté au travers de cette forme d’art considérée à l’époque comme mineure, l’opérette.

Tristan Loriaut

 

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Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 07:39

Act - 2011

Rudresh Mahanthappa (Alto Sx), David Gilmore (Gt), Rich Brown (Bs), Damion Reid (Dms), Anantha Krishnan (Perc) 

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A la fois rageusement rock, sophistiquée, ornée de mélodies indiennes, la Musique de ce power quartet est produite avec originalité. Cette fraicheur se ressent aussi bien dans la qualité des compositions que dans la fougue de l’improvisation. Rudresh Mahanthappa y est d’une vivacité d’esprit incroyable, voguant en permanence sur les limites de la folie. L’inaltérable David Gilmore évolue toujours de façon éclectique en mêlant le tricotage du manche au son trituré de sa guitare rugissante.  Et les fondations de cet édifice sont tenues par les mains de maîtres tel que Rich Brown à la basse électrique et Damion Reid à la batterie. A noter aussi la présence d’Anantha Krishnan usant de Mridangam et de Kanjira, qui ne sont autres que des percussions, accentuant un peu plus l’influence de la Musique indienne dans ce recueil Jazz-Rock psychédélique. Souvent s’installent des dialogues écrits entre chaque instrument, avec une dose incommensurable de malice. Dans certains morceaux, les introductions d’une guitare planante offre un aperçu plus onirique de ce répertoire si contrasté, dans par exemple Richard’s Game ou encore Rune. On peut y trouver aussi des pans entiers de compositions découpés dans le swing le plus profond, juste le temps de quelques mesures, comme dans Breakfastlunchanddinner. Mais aussi, et surtout, l’omniprésence de l’utilisation d’effets multiples et divers, issu d’une catégorie bizarroïde, parfois à la limite du mauvais goût, en témoigne l’ouverture du disque avec ces Parakram # 1 et Parakram # 2. On y ressent très fortement les influences de Steve Reich, John Zorn, Steve Coleman... Tout en tenant compte des origines de ce leader charismatique qui s’amuse à mélanger les esthétiques contemporaines, dans « Samdhi », disque très réussi. Tristan Loriaut

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Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 20:49


Sébastien Llado - Avec deux ailes - EPK par tristan2b

 

Interview, vidéo, montage, son, idées et tout le reste par Tristan Loriaut

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