Il n’a pas son pareil pour surprendre son public, Didier Lockwood. Il n’est guère de domaines où l’héritier de Stéphane Grappelli
ne se soit aventuré, dans la musique principalement, mais aussi dans les autres terrains artistiques, le spectacle théâtral (le Jazz et la Java…) et même, à ses heures perdues, la peinture. Pour
ses 40 ans de carrière –il était dans le métier dès l’adolescence- le violoniste aimerait bien cette année s’engager sur des territoires encore inconnus.
Parrain du festival Avoriaz Jazz Up (6-12 avril), Didier Lockwood aura donné un aperçu de cet éclectisme qui le
caractérise avec virtuosité et générosité. S’il n’a pas négligé les plaisirs de la glisse sur un domaine skiable de 650 kms, c’est bien sur scène que le virevoltant jazzman s’est éclaté. Pour le
concert inaugural, Lockwood nous a replongés dans l’univers du jazz-fusion des années 70 avec une formation taillée sur mesures (Jean-Marie Ecay, guitare, Linley Marthe, guitare basse et Paco
Séry, batterie). D’entrée de jeu, la reprise d’un titre donné avec le groupe Uzeb a électrisé le public de la Salle des Festivals, avant une version fort peu académique du standard de Duke
Ellington In a Sentimental Mood etuncocktail jazz-classique surune
composition personnelle Bach-Bopmarqué par un échangemano a manoentre Didier le ch’ti et Paco l’ivoirien. Exit alors les trois comparses et voici venu le temps du solo sur Globe Trotter, évocation du violon à travers le
monde et …occasion d’une descente dans la salle, moment de partage toujours apprécié des spectateurs. Eclectique, électrique, intime (dans une comptine enfantine de son écriture), Lockwood, le
showman, fait le spectacle.
Requinqué par l’air des cimes (altitude 1800 à la station), le nordiste de la Côte d’Opale peut poursuivre sa
semaine-marathon alpestre: rencontre avec des élèves des conservatoires de la région sur le thème de l’improvisation, « bœuf » avec un jeune groupe dans un des six restaurants
proposant des dîners-concerts, et joute musicale sur scène avec le déjanté enchanteur cornettiste Méderic Collignon (le 11 avril) et, en clôture, le trio du guitariste Stochelo Rosenberg.
Un programme bien fourni qui laisse quand même du temps à Didier Lockwood pour écrire des musiques de films et fourbir ses arguments auprès des pouvoirs publics en faveur de l’enseignement
musical, l’une de ses passions.
Vincent Peirani (acc), Michael Wollny (p), Michel Benita (cb)
En le voyant chérir tendrement son piano à bretelle, on voit bien qu’il y a chez lui des airs de grand escogriffe au cœur
tendre. Qu'on l'entende ici avec Daniel Humair ou là avec Youn Sun nah, on se rend bien compte qu'entre l'accordéon et lui il y a une sorte d'histoire d'amour fusionnel.
Pas besoin pour lui d'en faire des tonnes, il fait juste. Justement juste. Il fait ce que la tendresse exige. Point de
brusqueries, point d'éclat de voix, Vincent Peirani est plutôt du genre à chuchoter, à caresser les notes pour en exhaler tout le parfum, toute la chaleur. Et dans cet album où il s'entoure de
deux grands musiciens que sont le pianiste Michael Wollny ( dans un registre un peu inattendu tant il semble souvent effacé mais dont chaque intervention est en réalité une pépite
lumineuse) et Michel Benita (dont la présence est au contraire un pilier indispensable),
Peirani montre que l'étendue de l'éventail de son accordéon embrasse bien des styles différents sans se départir d'une même
intention. Peirani joue la valse jazz non comme un exercice obligé mais comme une révérence. Mais Peirani c'et un peu comme Miles et ce qui frappe aussi chez lui c'est parfois l'économie de
moyens qu'il déploie pour trouver des espaces profonds et larges dans lesquels on aime se perdre. il y a quelque chose de cinématographique comme cet hyponotic qui défile en plan séquence.
On pense à quelques-uns comme Marc Perronne parce que comme lui ce qui compte c'est l'espace qu'il donne aux rêves, à la déambulation onirique et poétique. Embrasser largement disions nous. Comme
sur ce Goodnight Irene aux accents de folk tiré d'un traditionnel américain qui nous emprte dans de grands espaces mythiques. ou encore comme ce thème du jazz, Throw it away
jadis subjugué par Abbey Lincoln dans le dernier album de sa discographie. Embrasser largement le jazz et reprendre un thème de Monk comme I mean you où il démontre que les harmoniques
de son accordéon se marient facilement aux atonalités monkiennes et à sa conception de la musique libérée de contraintes formelles.
La rencotre avec Michel Portal ( 3 Temps pour Michel P) est un des grands moment muscial de l'album, ancré dans uen
profondeur quasi crepusculaire. Tout comme celle avec Emile Parisien, compagnon de route chez Daniel Humair et qui intervient ici au soprano sur 2 titres.
Et puis il y a la rencontre de Peirani et de Benita qui a quelque chose d'essentiel. Ce dernier a des airs de
Charlie Haden dans le son et dans l'attaque qui contribuent à ancrer l'émotion et à la rendre palpable comme ce superbe Shenadonahoù la ligne claire de l'accordéoniste magnifie une mélodie simple. Ces deux-là avaient plus que des choses à se dire, un univers à partager.
David Linx (vc), Diederick Wissels (p), Donald Kontomanou (dms), Christophe Wallemme (cb) + Manu Codjia (g), Jacques
Schwarz-Bart (ts), Ibrahim Maalouf (tp)
Entre David Linx et Diederick Wissels, c'est une vieille histoire. Une histoire de plus de 20 ans ! Plus exactement 25 ans de
scène et 20 ans d'enregistrements. Avec, à leur actif quelques plages qui marquent assurément l'histoire du jazz vocal avec des enregistrements déjà devenus mythiques comme « Up
Close » en 1996 définitivement inscrit dans la catégorie des plus grands albums de jazz vocal. Autant dire que ce qui réunit ces deux musiciens est de l'ordre de l'intime et de
l'indéfectible. Et si ces deux-là semblaient s'être ( discographiquement au moins) un peu perdu de vue au gré de leurs enregistrements respectifs, ces retrouvailles sont ici marquées par la
grande tendresse qui semble les réunir. David Linx que l'on connaît souvent plus volubile y affiche un tout autre regard pour son compagnon. Un regard plus poétique où la musique importe autant
que le texte de ce qu'ils se ( ou nous) racontent. Ayant composé ensemble l'intégralité du matériau, ils font ici œuvre littéraire autant que musicale, une œuvre de ce que l'on nomme communément
des story tellers. Quelle chose qui relève de bien plus que du simple plaisir de faire de la musique ensemble. Car c’est plus un ouvrage d'artisan d'art comme ceux qui fabriqueraient un
livre contes aux enluminures superbes. Et ils ont cette poésie de la langue anglaise qu'ils partagent avec quelques uns, rares, comme Norma Winston, cette poésie qui nous embarque dans des
récits à la langue et à la musiques belles. Il y a même parfois une certaine mélancolie, comme sur ce « wind of change ». Quelque chose d'apaisé dans ces retrouvailles. Linx chante
comme rarement. Comme une sorte de retour aux sources. Avec une liberté vocale extraordinaire où il semble avoir oublié toute démonstration pour porter le texte avec un supplément d'âme très
émouvant. Loin de lui le souci du groove sacro-saint. Son groove à lui est porté par l’intelligence du texte. Ses crescendos sont des ponctuations, ses respirations des espaces textuels.
Quelques invités de prestige font leur apparition au gré de l'album: Ibrahim Maalouf, Jacques Scwharz-Bart ou encore Manu Codjia.
Interventions aussi subtiles que délicates.
Quand à Diederick Wissels, il serait temps que l’on prenne le temps de le (re)découvrir sous nos contrées hexagonales. Et pour
ceux qui en douterait il leur faut prêter l’oreille à la présence du pianiste et à son intervention sur « On a slow train », profonde, juste et empreinte elle même d'une poésie
rare. Car Diederick Wissels a ce talent non seulement de mettre en valeur son partenaire mais aussi d’exprimer beaucoup de choses en très peu d’espaces. Le sens de l’essentiel.
Bigre c’est d’abord l’énergie d’un big band élevé à cette sauce Lyonnaise qui en vu naître d’autres et des fameux, à l’image
de cette infernale marmite qui naquit il y a quelques années dans le sillage de l’Arfi.
Et ce Big Band qui ne manque pas d’envie et de peps à l’image de ses glorieux prédécesseurs ne dérogent pas à la règle de ces
grandes formations, véritables bouillons de culture portant à ébullition de grands talents émergents qui, il faut bien le dire avec une pointe d’esprit chauvin autant que cocardier, portent bien
la marque de notre hexagonal savoir-faire.
Il y a un peu d'esprit festif dans ce big band comme sur ce thème un tantinet balkanisé (funky
romania). Beaucoup d'intentions différentes se succèdent et animent un collectif au vrai sens du terme : celui où la masse
orchestrale sert les solistes excellents au demeurant (écouter à cet égard le superbe Libramont). Beaucoup de couleurs qu’il
s’agisse aussi de rythmes latinos, de valse ou encore de funk. J’ai bien des références qui me viennent en tête et il ne serait pas leur faire injure de leur dire que j’ai parfois pensé à Carla
Bley. Mais, dans le même temps rien ne nous sort de nos habitudes des big band actuels. Là où des Ping machine interpellent, là où un Sacre du Tympan peut aussi irriter, là où un Alban Darche
nous fait redécouvrir le genre, ici tout semble quand même assez convenu. L'orchestration et l'instrumentation restent classiques. et cela donne un côté un peu académique parfois. On n’est pas
vraiment provoqués.
Pour autant pas de quoi passer à côté bien au contraire. Il y a du vrai savoir-faire. ET l’énergie qu’il faut pour faire
vivre une grande formation est si dense qu’il faut surtout encourager ces orchestres. En restant un peu lucides toutefois.
Et bien le pari est remporté par la famille Chapin (veuve, belle-soeur, parent de Thomas)!!
Voyez-vous même:
Pour l'histoire: à 48h de l'échéance, à peine plus de la moitié des 50 000 USD étaient cumulés en dons.
Puis, le new-yorkais Michael Dorf - fondateur de la Knitting Factory - a fait un don exceptionnel de
10 000 USD. Ce don a relancé la levée de fonds. Le pari est gagné.
Moi, oui. Nous oui. Son trio magique avec Mario Pavone et Michael Sarin!
Saxophoniste alto new-yorkais, musicien de l'Underground, homme libre, parti trop vite. Leucémie.
Voilà 15 ans qu'il nous a quitté. Sa belle-soeur et sa veuve, Stephanie et Teresa Castillo, se lancent dans un projet de
film sur son oeuvre et sa vie. A l'américaine, elles organisent une levée de fonds pour financer ce projet mené par Stephanie castillo qui a réalisé près de dix documentaires. Il lui faut 50.000
dollars américains.
Avant le 30 mars, ce montant doit être atteint.... sinon plouf ... à l'eau.
Faites comme moi, participez au financement de ce projet en cliquant là: Kickstarter
Jerome GRANSAC
THOMAS CHAPIN FILM PROJECT AT KICKSTARTER.COM--LAST FEW DAY TO GO! PLEASE DONATE NOW.
A remarkable, never-been-told story of Thomas Chapin, a jazz master who was gone too soon. A 1975
Andover graduate, Chapin's music lives on! We want to start filming this summer!
In his short life he
rose to the top ranks of contemporary jazz. In his 20's he was Lionel Hampton's music director, and during his 30's he was the top star and leading recording artist of New York's famed Knitting
Factory in the 80s and 90s. He was gaining altitude, playing on the big world stages of jazz, reaching a global audience when he suddenly got sick while touring in Africa. He was diagnosed with
leukemia and battled for one year. He died at age 40 in 1998. He was cited as a virtuoso, an iconoclast, a raucous player with an original sound. They called him an ambassador, a bridge between
the uptown, jazz traditionalists and the downtown, avant gardists. There was a schism. He was one of a few who flowed freely, proficiently between both worlds. A documentary film is in the
works. Here is film page and the 18-minute trailer at the Kickstarter link:
ONLY A FEW MORE DAYS TO GO AT KICKSTARTER! WE'RE NOT THERE YET. WE NEED THE HELP
NOW TO MAKE OUR GOAL OF RAISING $50,000 TO START FILMING. Please visit the film page and view the trailer. Consider becoming a backer and Kickstarter supporter. Give whatever amount you can,
small or large! GIVE NOW. Only a Few Days to Go! The deadline to give is noon, Saturday, March 30.
Join THE 100 x $100 Group
Give.We're urgently
asking for 100 people to give $100. You? Be a 100. GIVE $100. GIVE NOW.
Lovers of JAZZ, fans of Thomas will love the Thomas Chapin story. So will you! He's in the jazz history books and the world needs to know him and his incredible
music. Through the film they will. Back the film. We want to shoot this important jazz doc.
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