Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 13:58

 

BLASER_BOUNDLESS.jpg

 

www.samuelblaser.com 

Hat Hut records

www.hathut.com

 

D’une urgence brûlée et brûlante, intense et néanmoins cohérent, ainsi nous apparaît ce « Boundless » paru sur le label suisse Hatology de Werner X.Uehlinger. Le trombone incandescent  de Samuel Blaser accepte les échardes de la guitare électrique de Marc Ducret que l’on retrouve avec plaisir dans cette formation à l’élégance subversive donc précieuse. Samuel Blaser est un  musicien dans l’éclat de la jeunesse qui continue la tradition apprise dans le creuset de La Chaux-de-Fonds, perfectionnée aux Usa, après un passage au sein du Vienna Art Orchestra. Un parcours tout indiqué pour se frotter à diverses influences et formations. Avec ce  nouveau quartet, le tromboniste a enregistré «live»  cet album intrigant durant une tournée en Suisse : il y retrouve le batteur Gerald Cleaver, déjà présent dans son premier album, paru en 2008, 7th Heaven. Il a rencontré depuis le contrebassiste suisse  Bänz Oester et le Frenchy Marc Ducret. Il en résulte une solide formation mettant en valeur  une musique construite en équilibre, jouant et déjouant les pièges de l’improvisation. Malgré certains effets spectaculaires, la technique n’est jamais prétexte à virtuosité. Blaser est un rythmicien hors pair, qui part du jazz et y revient sans cesse : extrême dans un élan continu, il peut tout obtenir de son instrument, du growl le plus classique aux stridences atonales. Constituée de quatre mouvements conçus de façon indépendante au départ, cette Boundless Suite a fini par développer une partition originale enrichie des apports de la tournée, avec des compositions qui résonnent en nous, tant elles sont aériennes et puissantes. Pour ces arpenteurs de nouveaux territoires, repoussant toujours plus loin la frontière de l’expérimentation, il s’agit de se porter mutuellement, faisant exulter les fulgurances communes. La suite démarre dans un espace à la fois électrique et acoustique, rendu géométrique par l’expansion du souffle et du rythme, dilatation lucide, dans un rapport au temps des plus exacts, qui évoque parfois le Second Quintet (historique) de Miles Davis, car le quartet jette musique et corps en avant. La partie 2 commence avec une exposition assez longue de trombone, joliment décrite dans les notes de pochette[i] comme de « languid glissandos and ethereal tendrils of melody », tout à fait passionnante pour les amateurs de trombone. Il est certain que Samuel Blaser n’oublie pas son héritage, tant il est traversé de toute l’histoire du trombone. Un virage abrupt dans la troisième partie de la suite entraîne un étonnant dialogue, un vif échange entre guitare et trombone où notre « non guitar hero » (qui l’est pourtant !) Marc Ducret affirme une fois encore sa personnalité,  soliste aussi bien qu’accompagnateur, n’étant jamais autant à l’aise dans les relances vives, entre digressions et distorsions, transgressions et dissonances. Un duo splendide que la rythmique non seulement soutient mais propulse. Aux commandes de cette machine racée, Gerald Cleaver et son acolyte Bänz Oester insufflent une cadence furieusement continue et  toujours souple, comme dans le final, impertinent, « quintessential » jusqu’au dernier hoquet de trombone. Voilà une formation inédite de haut niveau que l’on prendra plaisir à écouter en live, évidemment, tant l’expression collective est irrésistible. S’ils passent à côté de chez vous, n’hésitez pas...

NB : On aime enfin l’objet Hatology, à la présentation minimaliste, précisément essentielle : des notes de pochette sérieuses, une photo noir et blanc insolite, illuminée par l’éclat vif orange de la tranche si fine ! Faciles à ranger dans votre discothèque, et aisément repérables, encore un argument, s’il en était besoin, pour adhérer à l’esthétique du label suisse…

Sophie Chambon



[i][i]  Des glissandis délicatement  languissants et des filaments mélodiques  aériens

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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 17:34

DUMOULIN_rainbow_body.jpg

BEEJAZZ/Abeille Musique

 

 Voilà un trio curieux et délicat qui entraîne dans une musique surréaliste (avec nos amis belges, rien d’étonnant), une sorte d’happening poétique, du aux effets des keyboards et Fender dont Jozef Dumoulin use en maître. Nous sommes invités à entrer, un peu à notre insu, dans une boîte à musique, rythmée par la pulse invariable, métronomique d’Eric Thielmans (« Fuga X »). Il n’est pas pour rien dans le sentiment d’inquiétante étrangeté  de ce « Mei » que suit le bruitiste « Shinji» où le bassiste Trevor Dunn ferraille vaillamment avant d’enchaîner sur l’enjoué et lyrique «The Dragon Warrior». Tendues et atmosphériques, les compositions du claviériste-compositeur découpent des  tranches d’une électro pop sombre mais toujours intrigante, comme  dans « Sosuke ». Ce Rainbow Body aux titres qui concassent les rythmes, aventure un pied dans le lunaire  tout en squattant notre salon, avec ce « Volkan » presque mystique, comme si Dumoulin s’était mis à l’orgue. Une musique enfantine « For The Monsters Under Our Bed » et  spectrale, une électro sinueuse qui suit le son d’un clavier, fragmenté dans l’acier des machines. Si on avoue ne pas comprendre grand chose à l’écriture des titres, ni à l’inspiration « exotique » venue d’un est lointain , on se laisse faire (comme dans certains films) sans trop savoir pourquoi ni comment par ce spleen électro rock. Ce n’est pas toujours une partie de plaisir pour nos oreilles formatées plus classiquement ( ?) mais on sent néanmoins que les musiciens s’en sont donnés à cœur joie, mixés et supervisés par le grand Dré Pallemaert ! C’est souvent du hors piste, sautillant et triste, frémissant et léger, protéiforme : la musique du trio respire, chante toujours et domine le tempo avec aisance. On s’approche des nuages dans une langueur enveloppante avant de redescendre brusquement... entre envolée réjouissante, electro « ambient » et même new age…Décidément ce Rainbow body (douce allitération ) a quelque chose de dérangeant et de diablement envoûtant !

Sophie CHAMBON

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Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 16:10

 

Fernando TRUEBA et Javier MARISCAL

Film espagnol  (1h 33)

Scénario  Fernando Trueba - BD Javier Mariscal

Edition collector avec la musique du film en DVD et Blu–Ray

Sortie le 6 décembre du DVD édité par Studio 37 et distribué par Universal

 BO éditée par Sony music

Voix de Mario Guerra, Limara Meneses, Bebo Valdes, Idania Valdès  ( voix de Rita), Estrella Morena (cantaora flamenca)

chico-et-rita.jpg

Le projet de Chico & Rita est né d’une envie partagée du cinéaste espagnol Fernando TRUEBA et du graphiste peintre Javier MARISCAL de parler de leur passion du jazz et de la musique latine, de l’histoire des musiciens cubains d’avant la révolution castriste.  La bande annonce  proclame : Rapprochés par la musique, séparés par le succès,  rattrapés  par l’histoire, leur vie bascule !  Voilà un mélo sur fond de musique cubaine et de jazz, une quête amoureuse sans cesse contrariée comme dans les  films flamboyants de  Douglas Sirk. Deux beaux personnages, presque réels, apparaissent sur l’écran : Rita est une métisse magnifique, à qui tout réussit professionnellement mais qui vivra une histoire d’amour contrariée avec Chico, un pianiste séduisant mais un rien trop séducteur, homme plutôt innocent mais maladroit. C’est surtout un musicien doué qui maîtrise tous les styles, a appris depuis l’enfance à jouer le boléro, les musiques cubaines traditionnelles, tout en étant littéralement fasciné par le jazz et le be bop !

Le making of :

Fernando Trueba, novice dans l’animation n’imaginait pas de jouer avec des comédiens cubains réels   et pensait s’en tenir aux personnages dessinés par Chavi Mariscal. C’était pourtant le meilleur moyen de garder  le contrôle du film. Tourner avec de vrais mouvements de caméra garantit un résultat final fidèle à la vision initiale. Tout fut donc réalisé  en studio, sans maquillage ni décor, avec des marqueurs pour numériser chaque mouvement tourné au préalable. L’animation mobilise un nombre important de personnes mais le résultat est surprenant, tant ce film reconstitue Cuba et New York, qui deviennent deux protagonistes du film. Le résultat est une expérience visuelle extraordinaire où pendant 80 minutes, le spectateur baigne dans les visions de Mariscal, la reconstitution plastique et visuelle de deux villes très différentes. Cuba est une île fascinante avec ses maisons coloniales et ses vieilles  Cadillac.  Javier Mariscal  a travaillé sur La Havane d’avant Castro, au foisonnement tumultueux du capitalisme américain (casinos, boîtes de nuit, enseignes et publicités omniprésentes). Il a particulièrement soigné les éléments et détails d’architecture, soulignés par des couleurs et une lumière particulière, un décor exceptionnel de patios, balcons, escaliers, balustrades et ferronneries ouvragées. On pense aussi au film nostalgique d’Andy Garcia, réalisé en 2006,  Adieu Cuba  qui raconte la vie à La Havane avant l’exil.  New York apparaît en contraste, glacée et métallique, peu accueillante pour les émigrés cubains qui se réchauffent dans les clubs où règne le be bop.

La musique :

Chico & Rita pourrait presqu’être considéré comme un documentaire sur la musique cubaine et son influence sur le jazz des années quarante: les grands percussionnistes omniprésents dans les orchestres new yorkais sont cubains, Mongo Santamaria, Candido, Chano Pozo. Dans une très jolie scène de club, Chico retrouve ce dernier aux côtés de Charlie Parker, de Dizzy Gillespie  (« Manteca ») et  Monk affublé de son éternel bonnet ébauche quelques mesures de« Blue Monk ». Le film rend un vibrant hommage à l’âge d’or du latin jazz  avec tous les rythmes conga, rumba, mambo qui envahirent la planète. On entend aussi Woody Herman and his four brothers, l’ « Ebony concerto » de Stravinsky, la « Celia » de Bud Powell mais aussi le « Tin Tin Deo », le « Mambo Herd » de Tito Puente. L’arrivée à NYC, traitée sous la forme d’un rêve permet de placer quelques chefs d’œuvre comme le thème d’ « On the town » de  Bernstein, d’entendre le « Fascinating  Rythm »  de George & Ira Gershwin, « As time goes by » du Casablanca de Michael Curtiz,  de voir évoluer les silhouettes de Fred Astaire et Ginger Rogers ou Joséphine Baker vêtue de sa seule ceinture de bananes.

 

 

 

Le véritable défi était de constituer un corpus de musique aussi important et d’imaginer une B.O avec des musiciens d’aujourd’hui  et non des enregistrements d’époque de Dizzy Gillespie, Charlie Parker ou Tito Puente. L’objectif est atteint car le film n’est pas une compilation, une anthologie  mais crée une bande musique originale, enregistrée et produite aujourd’hui avec des musiciens qui deviennent acteurs : Jimmy Heath  dans le rôle de Ben Webster qu’il a connu, reproduit  sa façon de jouer, de respirer. Idem pour Amadito Valdès avec Tito Puente, Michael Mosman pour Dizzy avec un tel talent que dans un « blindfold test », on croirait entendre  le trompettiste lui-même. Une autre belle idée est de faire chanter la ballade « Lily »  créée par Chico-Bebo,  par le propre frère de Nat King Cole, Freddy Cole, sorte de « doublure » à la voix plus mûre.

Au cœur du dispositif, Idania Valdèsincarne Rita, qui chante des chansons originales comme « Sabor a mi », mais sous le nom  de Rita la Belle, part tourner un film à Hollywood  et chante « Love for sale ». Bebo Valdès joue Chico, interprètant ses partitions, signant onze des trente titres. Père de Chucho Valdès, actuellement star du latin jazz, il a été retrouvé en 2000 par Fernando Trueba dans son documentaire Calle 54.  A 90 ans, il a toujours un toucher  aussi léger et un  phrasé magnifique. On pense inmanquablement au Bueno Vista  Social Club de Wim Wenders sorti en 1999. Ry Cooder avait réuni de vieux messieurs cubains, émouvants et pleins d’énergie, figures légendaires de la musique cubaine des années 50. 


Le film souligne la vitalité de la musique cubaine, y compris lors d’enterrement où l’on continue à danser la samba, évoque le destin tragique du peuple cubain, la ségrégation si active pendant les années soixante : quand Chico commence à connaître un certain succès, il accompagne au Village Vanguard Ben Webster(« Stardust »), part jouer avec Gillespie à Paris. Mais expulsé injustement pour un faux trafic de drogue, à la suite de la trahison de son ami, il retourne à Cuba en pleine Révolution et doit arrêter le jazz, musique de l’ennemi impérialiste. Quant à Rita, elle brise sa carrière un soir de St Sylvestre, au « Sands » de Vegas en dénonçant la ségrégation dont sont toujours victimes les noirs, artistes et musiciens même devenus stars.

Un film émouvant, nostalgique, très réussi visuellement, qui obtint des récompenses méritées comme le Goya du Meilleur film d’animation-Grand Prix HAFF (Holland Animation Film Festival) 2010 et le Prix Cineuropa 2010 Festival de Cinéma Européen des Arcs. Chico et Rita est aussi une B.O inventive et pourtant fidèle à une époque, un chant d’amour pour le jazz des années « gone by ».

Vivement recommandé !

 Sophie Chambon

 

 

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Dimanche 4 décembre 2011 7 04 /12 /Déc /2011 22:06

 

Songline 2011

Benoit Delbecq (p), François Houle (cl)

  delbecq-houle.jpg

La révélation dont nous parlait récemment le tromboniste Samuel blaser c'est François Houle, clarinettiste canadien encore trop peu connu ici.

Dans une formule ultra-exigeante ( piano/clarinette), ou les thèmes ont été pour partie enregistre en « live » et pour partie en studio, proche parfois de la musique de chambre, les deux instruments se livrent à une démarche exploratoire de sons, de rythmes et de polyphonies africaines.

 

 

François Houle semble réinventer constamment l'instrument et en exploite toutes les possibilités. Non, la clarinette n'est pas figée dans les concertos de Mozart ( qu’il affectionne au demeurant) ni dans les mariages klezmer où quelques excités pensent que pour jouer bien il faut jouer vite et fort. François Houle c’est une synthèse à lui tout seul. On pense a Giuffre, à Hodges, à Buddy de Franco ou à Eddie Daniels (réentendre justement ses duos cl/p avec Roger Kellaway). Tout est exprimé dans ce son-là avec parfois beaucoup d’air dans le son et parfois au contraire le tranchant d’une lame affûtée et puissante. La clarinette a ce niveau demande une maîtrise d'une exigence incroyable.

Et là où les bois se rencontrent, là où les résonances harmoniques du piano enveloppent les lignes sinueuses et précises de la clarinette, le son touche au sublime. Et l'accompagnement de Benoît Delbecq d'une rare intelligence. Jamais vraiment soliste et pourtant.... Il donne à la fois le tempo et les harmonies, semblant déployer a lui seul un vrai orchestre.

Les deux hommes se sont rencontrés en 1995 et jouent régulièrement ensemble. Plusieurs titres de cet album sont tirés de leurs précdents duos ( Dice Thrown en 2002 et Nancali) en 1997. C'est dire si leur entente touche à une certaine intimité de la musique. Une proximité sensible et évidente.


Brillants, jamais à court d’idée les deux musiciens semblent prendre un plaisir communicatif à la création de cette musique, entre dialogue écrit et improvisation.

Et c’est juste et simplement beau.

Jean-marc Gelin

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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 23:06

Criss Cross 2011

John Escreet (p), David Binney (as), Eivind Opsvik (cb) , Nasheet Waits (dm)

john-escreet-.jpg John Escreet jeune pianiste anglais, pour le moment un peu hors de portée des radars des critiques français ( à l’exception de quelques uns) signe un nouvel album totalement décomplexé. Qu’il joue en trio ou en quartet avec le saxophoniste David Binney, Escreet fait passer un sérieux coup de jeune sur l’art du piano jazz.

On l’entend plus héritier de Jason Moran (dont i a d’ailleurs été l’élève – que voulez-vous les chiens ne font pas des chats), références monkiennes en moins ; ou de Dave King, le batteur pianiste de Bad Plus, qu’en successeur de Keith Meldhau.

Car son  travail est pianistique mais pas que. Pour preuve Restless, morceau totalement flippant où les bruitages nous balaient d’un souffle cauchemardesque. On se croirait dans la bande son d’Amytiville ! On ne voit d’ailleurs pas bien ce que cela vient faire là et c’est un peu décousu mais finalement pourquoi pas. Créations sonores aussi lorsqu’il manie subtilement l’électro pour créer des espaces musicaux parfois étranges  (Electrotherapy, Red Eye), souvent très cinématographique, à la limite des comics d’anticipation. C’est dire combien le pianiste avec l’énergie de son jeune âge, a à cœur de bousculer les conventions du genre.

Très percussif ( parfois un  peu trop) on l’entend malmener son clavier avec la rage des morts de faim et avec derrière lui, un Nasheet Waits génial ( comme d’hab’) qui ne se fait pas prier pour en surajouter dans le survoltage ( sur le titre éponyme notamment). L’apport de David Binney est aussi essentiel. Le plus prolifique des saxophonistes New Yorkais fait ici parler la poudre et y affirme une formidable présence rythmique.

Sur le fond, le pianiste, remarquable technicien explose les conventions, on l’a dit. Inutile de chercher à se raccrocher à des idées mélodiques simples. John  Escreet malmène les atonalités et les structures rythmiques comme Steve Coleman ou parfois Threadgill.

Les idées neuves et l’énergie de ce jeune pianiste d’à peine 27 ans ne suffisent pourtant pas à se convaincre qu’il est d’ores et déjà un pianiste «  essentiel ». Ses trouvailles sonores et les interventions aussi brillantes soient-elles de Binney pourraient tout aussi bien être interprétées comme signe d’une difficulté à tenir le discours, seul sur la durée.

Il n’empêche, Escreet est assurément une valeur montante du jazz transfrontalier ( jazz métissé de pop-rock) dont les apparitions  sur la scène promettent d’être de vrais feux d’artifice.

A ne pas manquer. On est prêts à en prendre le pari.

Jean-marc Gelin

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