JJ Toots Thielemans : “One road for the movie”
Verve 2006
JJ Toots Thielemans : “One road for the movie”
Verve 2006
JJJJ FLORIAN WEBER: “Minsarah”
Enja 2006
Florian Weber (p), Jeff Denson (cb), Ziv Ravitz (dm)
LE RIRE DE SWANN – André HodeirCollec. Rouge Profond 2006, 140p. 14€
André Hodeir on le sait est une légende. Ses écrits ont marqué l’histoire de la critique et du journalisme de jazz avec quelques écrits célèbres comme « Hommes et problèmes du jazz » paru en 1954 ou encore « Les mondes du jazz » en 1970 ou encore « Jazzistiques ».A 85 ans il publie un petit recueil de nouvelles qui n’ont pas grand-chose à voir avec le jazz mais dans lequel la musique est toujours bien présente. 13 petites nouvelles délicieuses où l’auteur écrit à la première personne et raconte des histoires entre absurde et surréalisme. On le trouve, écrivain célèbre égaré par hasard au paradis des musiciens, on entre dans sa famille où un oncle animateur de télé possède un étrange pouvoir, on le voit transformé en Babby Sitter essayant de faire découvrir la musique à un enfant capricieux et attachant. Les violonistes c’est bien normal (Hodeir est violoniste lui-même) peuplent cet ouvrage truculent qui raconte des petits instants de vie rêvés, des fragments d’histoire qui ouvrent sur tous les possibles et tous les imaginaires. La musique est là en surimpression toujours tapie dans un coin ou au centre du débat. Les musiciens sont de géniaux tartuffes à la fois imaginaires et terriblement humains. C’est un ouvrage remarquable, magnifiquement écrit au surréalisme parfois drôle , souvent émouvant et toujours malicieux. Jean-Marc Gelin
TOUS LES BLUES D’ALBERT AYLER – Simon GuibertCollec. Voyage au bout d’une vie. Vol.2 é/dite. 2005, 133p. 12€
Nous avions évoqué avant l’été le petit ouvrage que cet éditeur avait consacré à la mort de Chet Baker. Séduits par la conception de cette collection consacrée à la disparition mythique des quelques figures légendaires du siècle (John Lennon, Jim Morrison, Jean Seberg, Pasolini, Saint Exupery….) nous sommes remontés à des premiers numéros consacré à une autre légende du jazz, Albert Ayler.Le 25 novembre 1970 le corps du saxophoniste est retrouvé sans vie à Brooklyn dans l’East River. Noyade. C’est la conclusion officielle et celle qui aujourd’hui après avoir trouvé ses détracteurs semble être la cause la plus unanimement reconnue. 133 pages courtes, concises et tranchantes comme de minuscules focus, des spots éclairants pour nous faire comprendre la personnalité d’Albert Ayler. Le saxophoniste qui se raconte, des amis qui l’ont croisés et qui parlent (Alain Corneau ou Delpheil de Ton ) et les plus proches ceux pour qui la disparition d’Albert Ayler sonna comme un drame, Daniel Caux et Michel Le Bris qui tous deux partirent enqûeter sur la mort d’Albert Ayler. Par bribes on essaie de comprendre la haine que suscita souvent sa musique difficile (le faire jouer à Pleyel n’était ce pas l’envoyer aux Lions !). On approche timidement ces relations d’amour-haine avec sa mère (la lettre envoyée par Myrtle Ayler au journaliste français est terrible d’absence d’amour). Cette mère qui déclara un jour à propos de son fils « j’aurais préféré qu’il n’ai jamais existé ». En Europe paradoxalement, Albert Ayler est aimé. Il revient de Saint Paul de Vence auréolé d’un immense succès à la Fondation Maeght mais aux Etats-Unis, son pays, se retrouve plus bas que terre à tel point que son label pourtant prestigieux (Impulse, le label de John Coltrane) vient de rompre son contrat. Et puis ce lourd sentiment de culpabilité vis-à-vis de son frère qu’il regarde impuissant basculer vers la folie. On connaît les relations de celui que l’on surnommait Holy Ghost avec Dieu et l’inspiration qu’il trouvait dans la bible. Albert Ayler était l’homme d’un passion dévorante celle de la création, de l’art pour l’art. Le discours d’Ayler était un chant de vie, une sorte de flot créateur animé par le sentiment de jouer quelque chose qui émane de l’instant, du suprême : « ailleurs lorsque je jouais il arrivait que les gens disent que c’était mauvais et cela me faisait pleurer car ce que je jouais, c’est vraiment c que je ressentais ». Bien sûr cet ouvrage n’est pas un ouvrage sur la vie et l’œuvre de Albert Ayler. C’est un ouvrage bref au rythme quasi radiophonique qui ne possède aucun sens mais a ce charme des objets parfois inutiles. En quelques fragments de mots et quelques éclats de musiques suggérés et surtout grâce à quelques paroles souvent très belles de ses proches il rend pour un instant sa part de vérité à l’artiste que fut Albert Ayler. Restitue pour un instant la passion devastatrtice de la création brute. La brutalité de la création. Celle devant laquelle nous ne pouvons jamais rester indifférents. Jean-Marc Gelin
Le Festival Jazz à
Toujours à
Les nuits manouche de l’Européen sont désormais un rendez vous incontournable du jazz gypsy. Ce soir là nous étions allé entendre Angelo Debarre et Ludovic Beier dont l’album paru cet été chez Chant du Monde, « Entre ciel et terre » nous avait totalement conquis. Et ce que les deux hommes nous donnèrent ce soir là était en droite ligne du bonheur que nous avions à l’écoute de l’album. D’abord parce que Angelo Debarre confirme qu’il est un immense guitariste manouche. Pas du genre à dévaler les grilles toute allure et les accords de passage sur un standard de Django. Plutôt du genre à mettre dans chacune de ses notes un petit supplément d’âme. Ce millième de seconde où la note prend son temps avant de partir, ce glissando subtil, cette légère distorsion. Car même dans les tempos lents Angelo Debarre met une vraie force dans chacune de ses notes montrant qu’il se situe dans une autre inspiration que celle qui consiste à faire la course avec la pompe. Une vraie force subtile. Quand à Ludovic Beier c’est un partenaire idéal qui sait se faire à la fois présent et discret. Présence dans les chorus où l’inspiration mélodique se situe dans la ligné des Gus Viseur et Joe Privat, mariant ainsi le jazz manouche et le balloche du samedi soir. Discret dans son sens de l’accompagnement. Beier est aussi un admirable compositeur. Ses compos entre bossa et gypsy sont une pure merveille. Assurément Debarre et Beier forment un couple efficace et nous montrent qu’il se passe (enfin !) des choses dans le jazz manouche.
Un peu plus loin dans la soirée nous sommes allé entendre un autre guitariste. Manu Codjia nous donnait au Sunside un aperçu de son prochain album avec Daniel Humair. Codjia confirmait là qu’il est l’un des guitaristes majeurs de la scène française. Le pilier du Strada de Texier s’inscrit dans un registre proche de Hendricks mais aussi de Zappa. Ses compositions shorteriennes de haute volée nous transportent dans un univers fait de moelleux étiré et de foudre guerrière. Il y a dans sa façon de jouer une large part de l’histoire du jazz qui commence avec Wes Montgomery et se poursuit jusqu’aux guitar héro du rock. Ce qui nous fait attendre avec impatience la sortie de son prochain album.
--- Envoyez-nous vos disques et maquettes ---
Jean-Marc Gelin
91 rue Villiers de l'Isle Adam
75020 Paris
@: jmgelin AT free.fr
|
Jean-Marc Gelin
|
|
Sophie Chambon
|
|
Julie-Anna Dalay-Schwartz
|
|
Tristan Loriaut |
|
Jérôme Gransac
|
|
Lionel Eskenazi
|
|
Pascal Rozat
|
|
Jean-Louis
Lemarchand
|
|
Patrick Audoux
|
Commentaires